Article paru dans MSM No 6-7 du 4 juin 2009, et dans le journal officiel de SWISSMECHANIC 6/2009

Un membre du GIM-CH

La petite PME familiale affiche sa quatrième génération au compteur. C’est l’un des derniers ateliers lausannois, installé encore en pleine ville, à quelques mètres du lac.

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7 août 2006. «Rouleurs» de mécanique de père en fils. La petite PME familiale affiche sa quatrième génération au compteur. Article paru dans le 24 Heures

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27 septembre 1983. Un atelier qui tourne en pleine ville de Lausanne tel est le titre du journal 24 Heures. Trois générations d'Homberger, de gauche à droite Georges, Emile et Emile.

La photo suivante date de 1948, l'arrière grand-père Emile Homberger dans les premiers locaux de la société Homberger & fils à l'avenue d'Echalens.

GIM-CH (paru dans MSM No 6-7 du 4 juin 2009)

Article rédigé par: Frédéric Bonjour, secrétaire du GIM-CH

Homberger Mécanique SA


La petite PME familiale affiche sa quatrième génération au compteur. C’est l’un des derniers ateliers lausannois, installé encore en pleine ville, à quelques mètres du lac.


Un peu d’histoire
C’est un 1948 que l’entreprise voit le jour, fondée par le père et le grand-père de Georges Homberger, tous les deux prénommés Emile et tous deux mécaniciens. Si l’un est plutôt spécialiste du tournage, les deux ont été employés chez Bobst SA, société dans laquelle le grand-père a travaillé une vingtaine d’années et où son fils Emile a fait sa formation d’apprenti. D’abord installée à la rue d’Echallens, l’entreprise déménage en 1956 à la rue du Lac à Lausanne. Le développement de l’atelier de mécanique est intimement lié à la société Bobst SA, comme tant d’autres à travers le canton de Vaud. A l’époque, l’entreprise, désormais leader mondial dans le domaine des machines d’emballages, était installée au Flon et ne comptait guère qu’une cinquantaine d’employés. Emile Homberger et son fils produisaient essentiellement pour le fabricant de machines. Les contrôleurs de Bobst venaient chaque semaine une demi-journée pour contrôler les pièces et la société employait alors 22 personnes.


Le père, le fils et l’esprit mécanique
C’est tout naturellement que Georges Homberger, fils d’Emile et petit-fils d’Emile suit les traces de son père et de son grand-père. Il débute son apprentissage en 1968, suivi en 1972 d’un Tec passé chez Bobst SA. Peu studieux et plutôt attiré par le sport, Georges Homberger était tombé dans la mécanique depuis tout petit puisque, en culottes courtes déjà, il fréquentait l’atelier familial. C’est un parcours comparable que suivra le fils de Georges Homberger, Sébastian, qui accomplira son apprentissage de dessinateur chez Bobst SA et rejoindra l’entreprise familiale, dix ans après avoir débuté sa formation, et en suivant lui aussi un Tec du soir. Sportif lui aussi, et indépendant dans l’âme, Sébastian Homberger trouvera dans l’atelier mécanique de son père le moyen d’accompagner financièrement le lancement de sa propre société de distribution de snowboards. Passionné de dessin et de bandes dessinées, Sébastian Homberger, par une formation de dessinateur en machines, trouvera le moyen d’assouvir ses rêves, tout en pratiquant un métier lui assurant un véritable avenir professionnel. En arrivant dans l’entreprise de son père, Sébastian se plaît à relever qu’il a accompli son parcours à l’envers, en passant du bureau technique d’une grande entreprise à l’atelier d’une plus petite, un parcours atypique ! Dans le cadre de ses activités en mécanique, Sébastian Homberger créera également une société de design industriel, continuant d’assouvir ses deux passions : le dessin et la technique. A entendre le père et le fils, on relève une évidente complicité entre les générations, ce qui ne fut pas toujours le cas entre Georges Homberger et son père Emile. Les transitions à la tête des entreprises ne sont pas toujours simples et ce n’est qu’en 1988 que Georges Homberger se trouvera réellement à la tête de sa société, en ayant réuni à la fois l’entreprise de son père et le petit atelier de mécanique qu’il avait développé au sein de l’entreprise pour conserver une certaine liberté d’action, et surtout pour amener petit à petit la société à développer son parc de machines, notamment en commandes numériques.


Georges Homberger, "le modernisateur"
Très tôt, Georges Homberger avait détecté une des faiblesses de l’entreprise familiale, le fait qu’elle soit spécialisée presqu’exclusivement dans les opérations de tournage, en témoigne le parc de machines vétuste à l’époque pour les travaux de fraisage. C’est en 1986 que Georges Homberger achète son premier centre d’usinage CNC, puis deux ans après un tour CNC. Ces deux acquisitions permettront au fils d’apporter à l’entreprise de son père de nouveaux clients et des travaux qui n’auraient pu être entrepris sans ces deux acquisitions. Avec ces deux seules machines, il faisait à l’époque autant de chiffre d’affaires que son père avec vingt collaborateurs. Nous avions décidément changé d’époque !


Sous traitant et fabricant
Il faut relever que l’atelier de mécanique n’a jamais été uniquement orienté vers des travaux de sous-traitance. Les fondateurs et les successeurs ont toujours pris grand soin de préserver une part de production propre. Les premiers produits furent des roules dos pour coller les livres reliés.
Ce fut ensuite la fabrication de machines à polir les cadrans et boîtiers de montres pour l’horlogerie (plus d’une centaine de machines réalisées) et désormais des vannes pour prises d’échantillons essentiellement pour le secteur de la chimie et de l’agroalimentaire. Cette production de produits finis représente près de la moitié du chiffre d’affaires. L’autre 50% est assuré par des travaux de sous-traitance, plus proches de la co-traitance d’ailleurs, comprenant la gestion des plans et des prototypes. Les clients de la société sont essentiellement régionaux, dans la machine-outils et la métrologie.


Sébastian "l’organisateur"
Avec l’arrivée du fils Sébastian Homberger, la société a pu développer parallèlement à son activité de production un bureau d’études capable de créer entièrement les produits demandés par les clients, de la conception à la réalisation de projets industriels complexes.


Deux patrons, une même vision
C’est avec plaisir que l’on constate que le père et le fils partagent la même vision de l’entreprise. Homberger Mécanique SA n’a pas pour vocation à grandir et les deux patrons tiennent à ce que la société reste de petite taille avec environ sept employés. Tous deux sont attachés à la production actuelle, basée sur un savoir-faire et un sérieux dans l’exécution des travaux reconnus par les clients. Le père et le fils auront tous deux apporté à l’entreprise des améliorations. Le premier par l’introduction de la commande numérique, le second par le passage à la confection et la fabrication assistée par ordinateur. Comme tout bon chef d’entreprise, ils ont su donner les impulsions nécessaires au moment adéquat, pour permettre à la société de passer l’épaule face aux défis auxquels elle a été confrontée.


Savoir-faire et formation
Les principaux atouts de l’entreprise sont la fabrication de pièces unitaires à forte valeur ajoutée, dans des délais très courts. La société est spécialisée dans les petites séries, de 10 à 30 pièces. Le parc de machines de la société est très performant. Il comprend de nombreux centres d’usinage et de tournage. La liste détaillée est disponible sur le site www.homberger-mecanique.ch. Le père et le fils se sont tous les deux partagé la responsabilité des travaux à la tête de l’entreprise dans une entente qui fonctionne bien. Tous deux sont extrêmement attachés à la formation et l’entreprise forme depuis toujours des apprentis, à raison d’un apprenti nouveau chaque année. Les deux premières années sont plutôt placées sous la responsabilité de Georges Homberger, au sein de l’atelier regroupant les machines conventionnelles, alors que les deux dernières années de la formation sont placées sous la responsabilité de Sébastian, auprès du parc de machines CNC. Former, pour la société Homberger Mécanique SA, c’est travailler avec des jeunes et leur apprendre un métier. C’est aussi enrichir l’entreprise de ces expériences nouvelles et accomplir le rôle d’employeur responsable en ne laissant pas au bord de la route professionnelle des jeunes capables de posséder un vrai métier. Former un apprenti, c’est sans cesse devoir se remettre en question, car les jeunes, par leurs demandes, permettent au chef d’entreprise de prendre un peu de distance par rapport aux choses.
On ne peut que féliciter Georges et Sébastian Homberger de former ainsi 5 apprentis, en étroite collaboration avec le Groupement suisse de l’industrie mécanique. "Le GIM-CH participe à la formation des apprentis en mettant à disposition son centre de formation. C’est notre principal partenaire dans la formation pratique".
Avec une production très variée, l’atelier Homberger Mécanique SA n’offre ainsi pas son savoir-faire qu’à quelque 150 clients, mais il le partage et le transmet depuis des années à des dizaines d’apprentis qui seront venus enrichir le tissu industriel romand.

Actif dans le monde professionnel
Membre du GIM-CH depuis des années, Georges Homberger est également membre du Comité de l’association professionnelle. Il salue les efforts faits dans le canton de Vaud pour soutenir les entreprises formatrices, notamment par la création d’un fonds de la métallurgie, qui soutient la formation dans tous les métiers de l’industrie technique.
On ne peut que se réjouir de voir que l’avenir de l’entreprise est assuré et que la quatrième génération est désormais bien aux commandes. Homberger Mécanique SA est un exemple réussi de création d’une PME familiale, destinée à le rester et qui a su traverser des années parfois difficiles, en ayant à sa tête des patrons capables de prendre les bonnes décisions au bon moment.
Bravo à Georges et Sébastian Homberger de tenir bon le cap par tous les temps ! Le GIM-CH est heureux de compter cette entreprise parmi ses membres.

Portrait de Georges Homberger
Nom :                                 Homberger
Prénom :                            Georges
Date de naissance :           08.01.1945
Formation :                        apprentissage de mécanicien en mécanique générale et formation complémentaire de technicien
Etat-civil:                            marié, deux enfants
Sa passion :                       le ski, la voile et la montagne

Portrait de Sébastian Homberger
Nom :                                 Homberger
Prénom :                            Sébastian
Date de naissance :           13.12.1971
Formation :                        apprentissage de dessinateur sur machines
Etat-civil:                            célibataire
Sa passion :                       la bande dessinée, le snowboard, les voyages.

 

Article rédigé par

F. Bonjour, Secrétaire du GIM-CH

 

HOMBERGER MECANIQUE SA
Atelier mécanique
Rue du Lac 5
1007 LAUSANNE
Tél. 021/616.71.64
Fax 021/616.71.66
E-mail : info@homberger-mecanique.ch
Site Internet www.homberger-mecanique.ch

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«Rouleurs» de mécanique de père en fils (paru dans le 24 Heures du 07 août 2006)


FABRIQUE La petite PME familiale affiche sa quatrième génération au compteur. A Ouchy, l’atelier de mécanique s’est spécialisé dans les vannes pour laborantins.
ÉLISABETH NICOUD
Publié le 07 août 2006


FAMILLE: Sébastian Homberger et son père marchent dans les pas de leurs ancêtres. C’est l’arrière-grand-père de Sébastian qui avait fondé l’entreprise en 1948. / JANINE JOUSSON

C'est l'un des derniers ateliers lausannois à avoir pignon sur rue. A quelques encablures d'Ouchy, Homberger Mécanique SA vit au rythme de l'été. Ce sont les vacances; la production tourne quelque peu au ralenti. L'occasion pour Georges, 61 ans, et Sébastian Homberger, 35 ans, de se replonger dans le parcours de la PME familiale fondée en 1948 par Emile Homberger. A l'avenue d'Echallens, d'abord, puis dès 1956, à la rue du Lac, ce mécanicien de précision zurichois ayant sauté sur l'occasion de racheter l'immeuble qui abrite aujourd'hui encore la petite industrie.

L'histoire des Homberger est intimement liée au fabricant de machines-outils Bobst. L'arrière-grand-père, qui y a travaillé une vingtaine d'années, se laisse convaincre par son fils, lui-même sorti d'un apprentissage chez le fabricant vaudois, de monter une affaire indépendante. «Ils se sont dit qu'ils allaient se faire plus d'argent pour moins de travail», plaisante Georges Homberger. Il faut dire qu'à cette époque, dans les glorieuses années 50 et 60, cette industrie se portait comme un charme en Suisse romande, fournissant de nombreux travaux de réparations à la famille.


Numérisation accrue

C'est donc tout naturellement que Georges Homberger suit les traces de son père et de son aïeul. C'était en 1968. «J'étais tombé dedans tout petit déjà, se souvient-il. Il n'y avait pas l'ombre d'un doute.» Reste que ce deuxième tandem père fils ne se passera pas sans anicroches. Notamment lorsque Georges Homberger reprend la direction de l'atelier, en 1988. Un passage à témoin mal vécu par son père, qui s'ensuivra d'une grosse brouille, «comme il en existe dans toutes les familles», relativise sobrement Sébastian Homberger. Ce dernier a rejoint son père il y a dix ans, lui aussi après un apprentissage chez Bobst, mais en tant que dessinateur en machines cette fois, et après avoir tenté de monter sa propre entreprise de snowboards.

Avec le jeune homme, qui représente ainsi la quatrième génération, la répartition des rôles semble s'être faite en douceur. En raison aussi, peut-être, de la présence accrue de la numérisation dans les activités de mécanique cette dernière décennie - notamment la CFAO, la conception et fabrication assistée par ordinateur. Une modernisation de la gestion de la production dont se charge Sébastian tandis que son père s'occupe de la formation des trois apprentis polymécaniciens ou des pièces à usiner ou à fraiser sur les machines dites conventionnelles.Production variée

«Les machines numériques, qui ont nécessité de lourds investissements, ont passablement fait évoluer la branche. D'une part au niveau du personnel, moins nombreux mais plus spécialisé, et d'autre part, sur la clientèle, qui s'est diversifiée.» Avec quelque 150 clients, dont une cinquantaine de réguliers, l'atelier lausannois peut en effet se targuer d'une production très variée, essentiellement en inox. Quant à l'avenir, il s'annonce plus réjouissant que par le proche passé. Cette année, le chiffre d'affaires devrait ainsi avoisiner les 700 millions de francs.

«Nous avions de gros investissements à rembourser et certains clients ont disparu. Mais cette année, le carnet de commandes redémarre bien», observe Sébastian Homberger. La PME, taillée pour rester de petite taille, entend poursuivre sa vocation de base: à savoir la mécanique de précision en petites séries. Et parmi les pièces plus «grand public» estampillées par Homberger SA: de faux rivets d'époque conçus lors de la rénovation de la gare de Lausanne.

De la pharma au dépannage

E. N.
Publié le 06 août 2006

Si de nombreux fleurons industriels romands ont disparu ces dernières décennies, et par conséquent un vivier de clientèle pour Homberger Mécanique SA, reste que les concurrents de l'atelier lausannois ont également fondu comme peau de chagrin. «Il arrive parfois aussi que des ex-collaborateurs d'une fabrique se mettent à leur compte et reprennent un ou deux secteurs. Et redeviennent par la suite des clients», note Georges Homberger.

Aujourd'hui, le principal client de la PME est actif dans la pharmaceutique. Ce fournisseur, qui équipe des multinationales telles que Novartis, pèse 50% du chiffre d'affaires du Lausannois. Parmi les produits phares de l'atelier, des vannes de prise d'échantillon utilisées par les laborantins. Le reste de la production est très varié et se destine aussi bien aux machines-outils, à l'imprimerie ou à tous autres types d'industrie (Tesa, Sapal…).

Parfois, l'atelier fournit également des pièces lors de dépannage d'ascenseur (pour Schindler). Les quantités peuvent aller de 10 à 20 pièces, exceptionnellement 100 à 200. Et la mécanique conduisant à tout, l'atelier se voit parfois demander d'élaborer des prototypes dans des secteurs très pointus tels la Formule 1, l'aérospatial, voire des filtres pour machines à café Nespresso. Des projets qui n'aboutissent pas forcément à des contrats de vente mais qui permettent aux mécaniciens, père et fils, de peaufiner leurs talents.

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